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Fondation Mahfoud-Boucebci à IBN Zeydoun

L’intellectuel altruiste

Hommage posthume rendu à cet altruiste à l’humanisme rayonnant. Cela fait 8 ans que le docteur en psychiatrie Mahfoud Boucebci nous a quittés. Pour commémorer la date de sa disparition, la fondation qui porte son nom comme un étendard, pour honorer sa mémoire et témoigner de son grand humanisme envers les gens en détresse, a organisé les 14 et 15 juin derniers, à la salle Ibn Zeydoun de Riadh El Feth, deux journées dont l’une se voulait culturelle et l’autre scientifique. «Chaque année, nous organisons à cette date (15 juin) une journée scientifique qui se veut aussi culturel, car le professeur Boucebci était quelqu’un de très cultivé et de très ouvert», dira de lui une adhérente à cette fondation et par là même psychologue et travaillant comme thérapeute au centre de prise en charge des victimes de violence.

Mme Mouna B. ne manquera pas de souligner toute son admiration pour cet homme qui, dit-elle, «a cassé des tabous par rapport aux mères célibataires. Toutes les personnes en détresse le préoccupaient. Il était à la fois pour la pensée et l’action». Abondant dans le même sens, M.Teric Boucebci, président de la fondation, nous dira toute l’importance de la culture dans la société, car «le psychiatre pour M.Boucebci, nous confie-t-il, était quelqu’un qui devait être cultivé, à plus forte raison dans un pays où l’on retrouve des cultures non seulement riches, mais dont il faut promouvoir, apprendre à connaître et partager. Le partage, l’essence même de Boucebci. Très important est cet axe-là, car il reflète ce besoin chez le psychiatre de toujours apporter à l’autre un soulagement et il ne pouvait l’apporter qu’à partir du moment où il avait la connaissance de l’autre, c’est-à-dire de sa culture.» C’est dans cet optique-là que la fondation a choisi d’illustrer cette année, sa journée sous l’intitulé: «Du Nord au Sud.» Car pour se connaître, affirmer sa personnalité et son identité, faudrait-il d’abord déterminer ses racines et ses origines pour mieux avancer dans la vie et savoir où on va. C’est le passé qui tisse l’avenir, un facteur essentiel pour l’épanouissement psychologique de chaque individu. Et connaître soi implique la connaissance de son histoire ainsi que le milieu naturel dans lequel on a grandi. Aussi, le spécialiste en guide touristique, Riad Boufadji, s’appliquerait, vendredi, au moyen de diapositives de nous raconter «les espaces de vie de la rive méditerrannéene à l’orée du Tassili», de La Casbah millénaire, d’El-Djazaïr jusqu’au M’zab en passant par la Kabylie et les Aurès et de nous expliquer la richesse de cet apport civilisationnel qui s’est forgé suite à la jonction entre ces deux citadelles: La Casbah et le M’zab. Avant de passer à la découverte de la splendeur du Grand Sud, un intermède poétique a été animé par Nabila Bensifi, la vice-présidente chargée de la communication et de la culture au sein de la fondation. Nabila a réalisé, en fait, un montage très intéressant à partir de trois oeuvres, à savoir Qui se souvient de la mer de M.Dib, Glaise rouge de Hayat Djabali et un passage de Nedjma de K.Yacine. Cette belle escale poétique fut bercée par les mélodies enchanteresses du groupe Méditerranéo. Et c’est l’association Les Amis du Tassili, lauréate l’année dernière du prix Boucebci, qui nous fera plonger dans l’univers merveilleux du Sud avec ses belles images de paysage et ses spécificités géologiques, sa végétation, sa faune et sa flore et de nous conter le mystère de la civilisation du Tassili et de l’omniprésence de l’homme dans cette région. C’est le pianiste Mourad Bel Hocine qui clôturera en beauté cette soirée.
Poursuivant sa mission de sensibilisation dans les domaines médico-psycho-socio-éducatif quant au soutien impératif devant accompagner les personnes ayant souffert de traumatisme, la fondation Boucebci a projeté, en début d’après-midi du samedi, un film documentaire de Azedine Meddour, Douleur muette, sur l’univers éclaté des enfants qui ont assisté à la barbarie sanguinaire. Un film poignant et douloureux, chargé d’émotion qui laissa le public coi d’émotion.
Une série de communications très intéressantes a suivi et a porté, notamment, sur les effets néfastes du traumatisme au sein de la société en l’occurrence la destruction de la famille, un sujet débattu par le psychiatre Dalila Sad Saoud et dont le prix Boucebci lui est revenu cette année. Pour témoigner de son attachement à la fondation, l’artiste peintre, Zohra Hachid Sellal, a tenu a apporter sa contribution à cette manifestation en exposant, durant ces deux jours, ses superbes toiles dans le hall de la salle Ibn Zeydoun. Baptisée Talisman, son exposition qui rassemble 22 tableaux réalisés en mode abstrait et semi-figuratif, est un hommage rendu à la femme et à notre patrimoine séculaire à travers tous ces «Aouchem» incontournables qu’on trouve dans ses oeuvres. Des peintures aux couleurs chaudes inspirées également des fresques du Tassili...

L'Expression
17-06-2002