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Selon les déclarations de responsables du ministère de la Santé : 150000 malades mentaux chroniques en Algérie

150 000 personnes souffrent de pathologie mentale chronique en Algérie, selon des déclarations faites par des responsables du ministère de la Santé et de la Réformé hospitalière à l'occasion d'un séminaire national portant sur l'organisation et la mise à niveau des hôpitaux et services de psychiatrie, tenu hier à l'hôtel El Marsa, à Alger. Soit une augmentation de 10 000 nouveaux malades mentaux par rapport à 1998. C'est du moins ce qui ressort d'une enquête réalisée par les services concernés en 2002. Ces mêmes responsables du département de Mourad Redjimi estiment le nombre des malades mentaux errants à seulement quelque 1 500 à travers tout le territoire national, dont 800 sont pris en charge dans les structures spécialisées. Le nombre des épileptiques avoisine les 63 000.

Ces chiffres restent bien évidemment en deçà de la réalité du terrain du fait qu'un nombre considérable de personnes qui présentent de sérieux problèmes de comportement ne bénéficient pas des soins nécessaires. Notamment dans les régions enclavées du pays. Le programme national de santé mentale lancé par les services du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière en 2001, pour améliorer l'accès aux soins de ces personnes vulnérables de la société, tarde encore à donner des résultats probants. La cause principale demeure le déficit grandissant en psychiatres dans l'ensemble des structures spécialisées. «Nous n'avons pas assez de psychiatres en Algérie. Seulement 1 pour 100 000 habitants. Nous pensons à faire bénéficier certains psychologues et médecins généralistes de cycles de formation en psychiatrie pour combler le déficit et répondre aux besoins de la population», affirme le Dr Bouslimane, sous-directeur de la santé mentale au ministère de la Santé.
Autre problème posé avec acuité par les spécialistes du domaine, celui des disparités existantes entre les établissements des différentes régions en matière de moyens matériels. Voilà pourquoi ce séminaire, qui prend fin aujourd'hui, se propose de faire le point sur l'organisation actuelle de la psychiatrie, d'identifier les contraintes et les insuffisances et de proposer les mesures susceptibles d'améliorer la prise en charge des malades mentaux. Présent à cette rencontre, le premier responsable du secteur de la santé, M. Mourad Redjimi, est revenu dans son allocution d'ouverture sur les missions assignées aux 188 centres intermédiaires de santé mentale créés au niveau de 46 wilayas du pays, aux 10 EHS en psychiatrie, aux 6 services de psychiatrie dans les CHU, aux 18 services spécialisés dans les secteurs sanitaires, aux 172 psychiatres exerçant dans les hôpitaux publics et aux 190 exerçants dans le privé... pour conclure à une progression considérable dans le domaine de la prise en charge des malades mentaux.
A noter qu'en 2003, quelque 4 421 toxicomanes, 4 955 victimes de violences et 1 319 personnes suicidaires ont été pris en charge par des psychiatres et des psychologues. Alors que 9 811 consultations ont été dispensées aux enfants souffrant de troubles mentaux. Karima Mokrani

La tribune
14 février 2005