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Lutte contre la drogue et le tabac en milieu scolaire : une bonne note pour la gendarmerie nationale

Les participants à une journée de sensibilisation sur la lutte contre la toxicomanie en milieu scolaire ont souligné, jeudi, l'ampleur de la toxicomanie en Algérie, devenue un phénomène inquiétant au vu de la quantité de cannabis saisie, la dernière décennie, estimée à 3 066 161 kg. La gendarmerie nationale, organisatrice de cette journée, en coordination avec la Fédération nationale de protection des droits de l'enfant et de l'adolescent, a affirmé que "l'impact de ce phénomène sur la jeunesse algérienne requiert des mesures d'urgence".

Le problème de la consommation de drogue et de tabac, en milieu scolaire notamment, a été le thème principal du lancement d'une série de rencontres d'information et de sensibilisation contre ces fléaux sociaux. Le coup d'envoi de ces journées a eu lieu jeudi matin au niveau du lycée Emir Abdelkader. Organisée par le haut commandement de la gendarmerie nationale en collaboration avec l'inspection académique d'Alger et la Fondation pour la protection des droits de l'enfant et des adolescents, cette rencontre a été très appréciée par les lycéens et collégiens venus des différents établissements scolaires de la circonscription de Bab El-Oued et d'Alger-Centre.
A cette occasion, il a été procédé à la projection de films sur la drogue ainsi que des témoignages vivants sur les dangers et les dérives de la consommation de la drogue. Ces projections ont été suivies d'exposés de taille sur le phénomène de la drogue en Algérie, ses conséquences et les grands axes de la politique nationale de lutte contre ce fléau. Les conférenciers ont, avec art et diplomatie, expliqué les conséquences négatives de la drogue et de la cigarette sur la santé, le comportement et l'avenir du jeune et de la société. Tout en s'appuyant sur l'exemple des chouhada et des moudjahidine qui ont consacré leur jeunesse pour la Révolution et la construction du pays. Des conseils ont été donnés aux jeunes d'aujourd'hui afin de suivre le chemin tracé par leurs aînés et d'éviter de tomber dans le piège des trafiquants de drogue. "L'Algérie dont 70% de la population a moins de trente ans, a toujours mené des politiques tendant à prévenir et réprimer le trafic et l'abus illicite des drogues afin de préserver la jeunesse algérienne, qui est un véritable capital pour l'avenir de notre pays engagé dans un processus de mutations économiques, sociales et politiques", ont-ils notamment souligné.

10 grammes de cannabis pour 300.000 dinars

Tout en qualifiant la drogue de tous les noms (l'autre cancer, sida, fléau des temps modernes, suicide à petit feu...), les intervenants ont noté que "le monde compte actuellement 200 millions de drogués dont 80% fument du cannabis". Quant aux bénéfices réalisés derrière ce mal du siècle par les trafiquants de drogue, les conférenciers l'ont estimé à 500 milliards de dollars. "Il se placent en deuxième position après ceux réalisés suite aux trafics d'arme et bien avant ceux réalisés par le pétrole".
Quant aux pays producteurs, les conférenciers ont insisté sur le Maroc qui cultive 150.000 hectares de cannabis soit 4.000 tonnes/an. Cette drogue passe par Oran et s'achemine vers les ports d'Oran et d'Alger pour être exportée à destination de l'Europe et ailleurs vers les pays situés à l'est et au sud de l'Algérie en passant par Ouargla et notamment El-Oued qui tend à devenir un carrefour important du trafic à destination de la Tunisie, de la Libye et du Moyen-Orient.
Les spécialistes en la matière ont fait comprendre aux jeunes que l'Algérie, aujourd'hui, n'est ni un pays producteur, ni un pays consommateur à grande échelle. Elle constitue néanmoins un espace de transit privilégié. Ils ont en outre donné des chiffres sur les quantités de drogue saisies par les services de drogue durant ces 10 dernières années et qui s'élèvent à 3.066.161 kilogrammes de cannabis et 1.165.615 de substances psychotropes. Ainsi, la quantité saisie en 2002 est de 6.000 kilogrammes de cannabis. Elle est passée à 8.000 kilogrammes et à 12.000 kilogrammes en 2004. Pour les représentants de la gendarmerie nationale "cette quantité saisie ne représente que 15% de la quantité qui passe par les frontières et celle qui se consomme". Il y a lieu de noter à cette occasion que l'immigration clandestine, issue des pays africains notamment, favorise le trafic de drogue car avec 10 grammes de cannabis seulement on gagne jusqu'à 300.000 dinars.
S'agissant des mesures de lutte contre ce fléau, les conférenciers ont souligné la législation nationale ayant trait au domaine et les nouvelles lois sur le blanchiment d'argent et la corruption, la création de l'Office national de lutte contre la drogue et son plan directeur. Ce dernier comporte cinq axes : le premier est lié à la révision de la législation nationale liée à la drogue, le deuxième touche le volet information, éducation et communication, le troisième concerne les mécanismes de coordination nationale, le quatrième aborde les capacités de lutte et leur développement et le dernier insiste sur le renforcement de la coopération bilatérale et multilatérale. Un débat franc et amical empreint de franchise et de clarté s'est instauré entre les élèves qui se sont exprimés en toute liberté sur cette question et les spécialistes en la matière qui ont répondu à toutes les interrogations. Les causes qui poussent les jeunes à se droguer, le rôle des parents et de la société, la complicité parfois des policiers qui touchent à la drogue, les différents remèdes de lutte contre celle-ci, etc., autant de points qui ont été clarifiés au cours de cette importante journée.

S. Sofi
El Moudjahid
vendredi 06 janvier 2006