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L'hôpital de Sidi Chahmi se vide de ses psychiatres

Huit praticiens ont quitté l'établissement

L'hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi se vide de ses psychiatres. Le personnel médical tire la sonnette d'alarme. Entre l'année 2000 et 2006, huit psychiatres ont quitté cet établissement sans être remplacés. Actuellement, ils sont cinq médecins spécialistes pour plus de quatre cents malades hospitalisés. Un nombre très réduit qui ne peut pas assurer la couverture médicale de tous ces patients, selon un membre de la coordination syndicale de cet hôpital. Le même syndicat précise qu'«en 2001, deux psychiatres ont quitté l'établissement pour s'installer ailleurs. En 2003, deux autres praticiens ont demandé des mutations.

En 2004, un autre médecin spécialiste est parti pour ouvrir un cabinet privé, tandis que trois autres sont actuellement en congé de maladie depuis des mois». La situation risque de devenir dramatique d'ici quelques mois, la tutelle ne prendrait pas des mesures pour renforcer le personnel médical. Le même interlocuteur explique que «d'ici quelques mois, l'établissement risque de se retrouver avec trois psychiatres seulement, étant donné que d'autres départs sont annoncés». «Dans ces conditions, il sera difficile pour un hôpital, qui a une vocation régionale, de prendre en charge ces patients qui nécessitent une prise en charge spéciale». Ce problème a été soulevé au niveau de la direction générale lors d'une réunion tenue dimanche par les membres du conseil médical. Ces derniers ont donné un délai d'un mois pour renforcer le personnel. Dans le cas contraire, la coordination syndicale menace de recourir à la grève pour se faire entendre.
Pour le directeur général de cet hôpital, il y a effectivement, un manque d'effectifs que ce soit pour le personnel médical, psychiatres, ou le personnel paramédical. «Nous avons saisi l'administration centrale concernant ce problème et nous attendons toujours la mise en place de l'effectif budgétaire pour l'année 2006. En 2005, nous avons bénéficié de trois postes budgétaires que nous n'avons pas pu placés». Et d'ajouter, «l'établissement fonctionne avec deux maîtres assistants, trois médecins spécialistes et trois généralistes ainsi que cent paramédicaux. Un nombre très insuffisant pour un hôpital qui prend en charge des malades atteints d'une pathologie lourde et qui enregistre une moyenne de dix admissions par jour pour une durée d'occupation qui peut aller jusqu'à 89 jours. S'il y a des autorisations de sortie pour les malades, ces derniers retournent souvent à l'ESH car, dans la plupart des cas, ils rechutent et, par conséquent, ils sont rejetés par leurs familles. Leur prise en charge coûte plus cher dans ces conditions».
Parlant de l'état de cet établissement, le premier responsable de l'EHS Sidi Chahmi souligne que «la bâtisse de l'hôpital qui s'étale sur une superficie de 80 ha, se trouve dans un état vétuste. Toute opération de réhabilitation entreprise n'aboutit pas, vu que l'établissement n'a pas été construit selon les normes».

B. Mokhtaria
Le Quotidien d'Oran
5 avril 2006